La commune de Bolívar compte près de 53 000 habitants. Elle est située au sud de la Colombie, loin des grands centres. C’est une région menacée par la présence des militaires et des guérilleros, où la population civile se retrouve régulièrement prise entre les deux fronts du conflit.
Dans cette région agricole magnifique et retirée, quatre personnes sur dix vivent avec un revenu insuffisant. Le manque de travail et de soins médicaux, joint à l’augmentation du coût de la vie, incite toujours plus de monde à partir. Les femmes élevant seules leurs enfants sont particulièrement touchées par la pauvreté: elles doivent souvent se contenter de travaux occasionnels mal rétribués, comme aller chercher du bois, coudre, cuisiner, porter des charges. Beaucoup de familles vivent dans de misérables huttes, sans eau, ni électricité. Et nombre d’enfants souffrent de la faim.
Contribuer à la scolarisation
Caritas Suisse participe financièrement à un projet qui soulage les familles les plus démunies de cette région très pauvre et permet ainsi aux enfants d’aller à l’école. Les enfants de la campagne vivent souvent loin de l’école et doivent parfois louer une chambre sur place. Mais ils n’ont pas de quoi se payer un loyer et des repas. C’est pourquoi la congrégation Vicentinas a ouvert une cantine au centre San José de Bolívar pour les élèves de familles pauvres. Pendant les mois d’école, près de 300 jeunes y reçoivent chaque jour un repas équilibré, une contribution efficace à la lutte contre ces maux très répandus que sont la sous-alimentation et la malnutrition.
Cours et formation
La cantine n’est qu’un élément d’une offre très diversifiée qui comporte aussi des activités récréatives et la promotion de la créativité. Le centre dispose d’une bibliothèque et d’un espace de jeu. Les différentes offres de formation sont très demandées. Les enfants et les adolescents espèrent trouver plus facilement du travail et s’ouvrir au monde grâce aux connaissances acquises notamment lors des cours d’informatique et d’anglais.
Des cours sont également proposés aux parents, par exemple dans le domaine de l’artisanat, de la cuisine, de la pédagogie, du développement personnel ou de la communication. Pour les jeunes femmes, le centre dispense en outre une formation de couturière débouchant sur un certificat. Celles qui ont achevé leur formation peuvent se joindre à un atelier de couture qui leur assure un revenu.
Par son offre de formation globale, le projet ne touche pas que les enfants et adolescents: il offre aussi de meilleures perspectives d’avenir aux parents et spécialement aux femmes.

Des repas de midi pour les élèves pauvres permettent une première visite à l’école.
(Photo: Sor Ruth Arango)